L’Assommoir

Laminés par le laminoir, minés par la mine, usés par l’usine…

Par millions, hommes, femmes et enfants, furent aspirés dans la machine dévorante de l’industrialisation capitaliste dès la fin du 18e siècle. 12 heures par jour d’un travail lourd et ininterrompu; une hygiène nulle; des risques permanents d’accidents. Tel était le sort commun d’une main d’œuvre massive et très bon marché recrutée pour faire cracher leurs productions aux hauts-fourneaux, mines et usines qui poussèrent comme des champignons de Charleroi à Liège, de Gand à Verviers ou Mons.

Une vie-assommoir pour un salaire incapable d’assurer le minimum des besoins vitaux des ouvriers et de leur famille. Et encore moins de couvrir les risques d’accidents ou de maladie, entre silicose et coup de grisous, brûlures, chutes et dangers de la machine-reine. Tout à leurs rêves d’enrichissement, capitaines d’industrie et financiers ont précipité dans le cauchemar la nouvelle « classe ouvrière » qu’ils venaient de créer pour tenir leurs objectifs de production exponentielle dans la métallurgie, les charbonnages, le textile.