Noémie

La Sécurité sociale fait partie du quotidien : du bon quotidien. Celui où on va chez le médecin et à la pharmacie sans se poser de questions. Celui où on reçoit ses allocations familiales, on part en vacances, on prend sa pension, un congé parental…

J’ai eu la chance de ne jamais avoir été hospitalisée avant mon accouchement. Avant de sortir de la maternité je ne connaissais absolument pas le prix de l’hôpital. Avec la naissance de mon enfant, j’ai vu la facture et la différence qu’il y avait avec et sans la prise en charge de l’INAMI. S’il n’y avait pas eu la Sécurité sociale, je ne sais pas comment on aurait fait pour payer les frais médicaux.

Après ça, j’ai bénéficié d’un congé maternité serein, avant de reprendre le travail dans les meilleures conditions, et tout ça grâce à la Sécurité sociale.

Je pense qu’aujourd’hui j’ai pleinement conscience de la chance que j’ai ! Et cette chance je la dois en partie à la Sécurité Sociale.

Il faut vraiment qu’on prenne conscience de cette chance qu’on a aujourd’hui. Quand on travaille, qu’on est en bonne santé, qu’on a un enfant en bonne santé, qu’on peut partir en vacances et se faire plaisir. On oublie finalement que si on peut se permettre tout cela, c’est aussi parce qu’il y a la Sécurité sociale qui contribue au quotidien à l’amélioration de notre qualité de vie. Ça passe par les allocations familiales, par les congés payés, par le fait de ne pas se tracasser quand on est trois jours en arrêt maladie, la possibilité d’avoir un congé de maternité…

Bien sûr c’est une vue très personnelle ici, mais à plus grande échelle, c’est un outil de solidarité que je considère vraiment comme essentiel. Et je suis fière d’y contribuer, et de me battre pour tout ça au quotidien avec mon travail. En plus de la contribution financière, je considère vraiment mon engagement professionnel comme une forme de militantisme. (1/2) Bruxelles

En tant que femme, c’est un combat qui est d’autant plus important, car nous sommes davantage touchées par des questions de précarité, d’accès aux soins de santé, de report des soins de santé

Chaques années les personnes avec qui je travaille, mettent en places plus de 6 000 heures d’ateliers. Elles construisent des projets citoyens concrets avec les gens.

Par exemple : des points-relais alimentation (des endroits où on se réunit pour et participer à une réflexion plus large sur l’alimentation responsable). Il y a aussi des activités autour de l’emploi, du chômage, comment se réinsérer dans la société, quelles formes d’empowerment peuvent être mises en place. Derrière tout cela, il y a une action citoyenne en lien avec la Sécurité sociale.

Il devrait y avoir une démarche citoyenne dès le plus jeune âge, dès les études, pour permettre une meilleure lecture de la société. Et ce, peu importe le public, le niveau d’études, la classe sociale.

Un public plus favorisé rencontre la sécurité sociale différemment qu’un public précarisé. Le public favorisé va peut-être la rencontrer davantage dans des bons moments alors que le public précarisé va sans doute la rencontrer dans des moments plus difficiles comme les indemnités chômage, d’incapacité de travail, le CPAS…

Ce qu’il faut retenir c’est que la sécurité sociale s’adresse à tout le monde, sans discrimination d’âge, de sexe, peu importe. C’est une véritable force et un vrai vecteur d’égalité.

Le seul danger c’est que certains publics ne souhaitent pas reconnaître la nécessité d’avoir un outil aussi fort que la Sécurité sociale. Certains ne se posent pas la question de l’importance solidarité au sein d’une collectivité.

C’est pour ça qu’à mon sens, il est important de développer l’esprit critique avec les valeurs que nous souhaitons porter et transmettre en termes de solidarité, de respect, de collectivité.

L’objectif c’est que les gens développent leur propre vision des choses et leur propre action citoyenne. C’est ce que j’appelle une citoyenneté éclairée. 

Photographie © Caroline Lessire