Les soins parallèles, une vraie aide à la guérison

Selon une enquête récente menée conjointement par Le Soir et la RTBF, 70 % des Belges souhaiteraient voir les mêmes taux de remboursement appliqués à la médecine classique et celle dite douce. Dominique, qui a vaincu le cancer du sein, témoigne…

Dominique a aujourd’hui 48 ans. Mère célibataire, responsable commerciale dans le secteur bancaire, elle mène de front sa vie sociale et sa vie professionnelle. On pourrait dire que tout va très bien pour elle. Mais ce ne fut pas toujours le cas… Voici sept ans, Dominique a en effet dû affronter un cancer du sein, qui a nécessité une thérapie lourde. Durant six mois, elle a dû subir des séances de chimiothérapie. « À l’époque, je venais tout juste de décrocher un nouvel emploi. J’étais auparavant restée sept mois au chômage. Entre l’appartement à rembourser, les frais scolaires et tous ceux liés à la vie courante, j’avais parfois du mal à joindre les deux bouts. Il était donc hors de question pour moi de perdre mon nouveau job. Sans ce salaire (et la couverture de soins qui y était liée), et sans l’aide de la mutuelle, je n’aurais pas pu assurer tous mes frais, médicaux et autres. Et puis, psychologiquement, aller travailler m’aidait à tenir le cap. Quand on vit seule, on n’a pas vraiment le choix. En continuant à mener une vie plus ou moins normale, j’ai pu tenir le coup ». Si la majorité de ses frais était prise en charge, Dominique a toutefois dû faire face à d’autres frais, inattendus et parfois élevés. Comme l’achat de foulards adaptés. « Quand j’ai perdu mes cheveux, j’ai d’abord acheté une perruque de qualité, dont l’achat a été remboursé. Mais je l’ai jamais portée : je ne la supportais pas. J’ai donc opté pour des foulards qui, eux n’ont pas été pris en charge. Mais dans un cas comme le mien, il ne s’agit pas de porter n’importe quel foulard : il faut en prendre dans des matières spécifiques, prévues à cet effet. Comme je suis assez coquette, j’en ai acheté plusieurs, dans des tons différents ; j’ai consacré près de 500 euros à ce poste. Cela peut sembler futile, mais l’image de soi quand on est malade, c’est primordial. »

Massages et acupuncture

Entre autres frais non remboursés et qui lui ont été bénéfiques : des séances de médecine parallèle, qui ont grandement aidé à son bien-être. « Je me suis offert des séances de massothérapie, d’acupuncture, de la manucure aussi – nos ongles sont dans un état catastrophique quand on subit une chimio ; là encore, il s’agissait de dépenses relativement importantes. Mais qui ont joué sur mon moral. Je m’en serais même offert plus si je n’avais pas eu besoin de cet argent pour des frais plus urgents comme une aide ménagère pour m’aider à nettoyer l’appartement et à faire mes courses. On n’imagine pas l’état de fatigue dans lequel cette maladie vous plonge. » Sept ans plus tard, quel regard jette-t-elle sur ce qu’elle a traversé ? « J’ose espérer que tout cela est derrière moi. Et je réalise à quel point j’ai eu de la chance d’avoir pu compter à la fois sur la mutuelle et sur mon employeur. Si j’avais été sans emploi, je ne suis pas sûre que j’aurais pu combattre la maladie comme je l’ai fait. Je pense néanmoins qu’il y aurait des choses à revoir dans le sprod-ystème, notamment, le remboursement de tous les soins parallèles qui, physiquement et moralement peuvent être d’une grande aide et qui, selon moi, ont vraiment contribué à ma guérison. »