Gwendoline « Les dispositifs d’aide sociale m’ont permis de me reconstruire »

A 38 ans, Gwendoline est sur le point d’entamer une nouvelle carrière. Seule avec quatre enfants à charge, la jeune femme a surmonté de nombreux obstacles au cours de ces dernières années. Des étapes qu’elle n’aurait pu franchir sans l’aide de la Sécurité sociale.

A l’aube de la quarantaine, Gwendoline affiche un sourire radieux. D’ici quelques semaines, elle va prendre ses nouvelles fonctions de coordinatrice dans une asbl bruxelloise. Mais avant d’arriver là, cette maman de quatre enfants a affronté bien des épreuves… « Je suis devenue maman pour la première fois très jeune, j’avais à peine vingt ans. Très vite, j’ai dû apprendre à me débrouiller. J’ai tout de suite tout mis en œuvre pour m’assurer un revenu. J’ai ainsi décroché un emploi administratif dans une banque, où je suis restée huit ans. Entretemps, j’ai eu trois autres enfants. Tout se passait bien… jusqu’à ce que tout bascule. J’ai connu de graves soucis personnels, trop de choses reposaient sur mes épaules, j’ai fini par complètement craquer et j’ai dû quitter mon emploi… Heureusement, j’ai pu avoir accès au chômage, et surtout, aux aides pour ma réinsertion socioprofessionnelle. J’ai ainsi démarré des études en promotion sociale. »

Le sort continue alors à s’abattre sur la jeune femme. « Alors que je remontais doucement la pente, ma maman, qui vivait à l’étranger, est revenue en Belgique, gravement malade. » Gwendoline marque alors une parenthèse pour s’occuper de sa mère jusqu’au bout. « Là aussi, j’ai pu voir l’importance de la Sécurité sociale en ce qui concerne la prise en charge des soins… Quand Maman est décédée, j’ai repris des études, en psychopathologie d’abord, puis en animation socioculturelle. » C’est d’ailleurs par ce biais qu’elle entrera en contact avec l’asbl, qui va l’engager prochainement. « Ce nouveau boulot, ça va tout changer pour moi. Je démarre concrètement ma réinsertion après des années de galère. » Un travail à mi-temps qui lui permettra surtout de mener de front une vie professionnelle et une vie familiale particulièrement remplie. « J’ai quatre enfants. Les deux aînés se débrouillent assez bien seuls, mais les deux plus jeunes ont encore beaucoup besoin de moi. En particulier, le cadet, qui souffre d’un léger retard et est suivi dans un établissement spécialisé. »

Des béquilles nécessaires
Aujourd’hui, si la jeune femme parvient à joindre les deux bouts, c’est grâce aux aides qu’elle reçoit. « Sans le chômage et les allocations familiales, je serais à la rue. Je paie un loyer relativement élevé, mais j’ai tenu à vivre dans un quartier où mes enfants ont accès à de bonnes écoles, où ils peuvent circuler en toute sécurité, où il y a des commerces à proximité… J’ai la chance aussi de bénéficier du statut omnio, qui m’octroie des avantages non négligeables. Comme une réduction sur mon abonnement à la stib, la prise en charge des frais de scolarité de mon fils cadet… Sans ce statut, je devrais payer le prix plein. J’en serai incapable ! J’ai droit aussi à des colis alimentaires – du lait, des fruits et légumes, des féculents, des surgelés… -, ça me permet de gérer au mieux mon budget et de pouvoir consacrer l’essentiel aux enfants. Sans tous ces dispositifs, on vivrait dans une précarité permanente. » Gwendoline, qui espère à l’avenir trouver un emploi à temps plein conciliable avec sa vie de famille particulière, l’avoue « tout ce qui m’arrive maintenant, je n’aurais pas pu l’imaginer sans les différents dispositifs d’aide sociale. Ils m’ont permis de me reconstruire, d’avancer, de me créer un projet professionnel, un futur… Ce sont des béquilles nécessaires ! »

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